La Chine devrait envoyer des astronautes sur la Lune d'ici trois ans. Ce calendrier, dévoilé le 31 octobre lors d'une conférence à Pékin, montre la maturité du programme lunaire chinois.
- La Chine prévoit trois lancements sans équipage entre 2027 et 2029 pour tester son vaisseau Mengzhou et l'atterrisseur Lanyue.
- En 2029, les engins devront s'amarrer en orbite lunaire avant que Lanyue atterrisse puis remonte sans équipage.
- Une première mission habitée avec trois astronautes est prévue avant 2030, incluant un séjour de trois jours sur la Lune.
- Le programme chinois vise à établir une présence durable sur la Lune après avoir maîtrisé les voyages et gagné en mobilité sur place.
Pendant que le programme Artémis, mené par les États-Unis, vise à faire revenir des astronautes sur la Lune pour la première fois depuis 1972, la Chine avance ses pions beaucoup plus discrètement. Une rare avalanche d'informations est pourtant tombée le samedi 31 octobre, lors de la septième conférence sur le vol habité qui s'est tenue à Pékin. Wang Xiang, concepteur en chef adjoint du programme spatial habité chinois, y a présenté la feuille de route du pays. Les principales diapositives ont été partagées sur le réseau social chinois Weibo, puis reprises par SpaceNews et Ars Technica.
Un calendrier en trois étapes, à commencer par le vaisseau
La première étape est prévue début 2027. La fusée Long March 10A devrait être lancée sans équipage, avec le vaisseau Mengzhou en orbite basse. Mengzhou devra amener des astronautes jusqu'à la Lune le moment venu, mais sa version définitive n'a encore jamais atteint l'orbite. Seul un prototype y est allé, en mai 2020, sur une Long March 5B. Jusqu'ici, le vaisseau a seulement passé des tests d'éjection d'urgence, au sol en juin 2025 puis en vol le 11 février 2026. Cette fois, il devra s'amarrer à Tiangong, la station spatiale chinoise, une première pour lui. À terme, il doit remplacer Shenzhou pour amener les équipages à la station.
L'étape suivante est prévue en 2028, avec l'atterrisseur lunaire Lanyue. Là-bas, il devra réaliser un test décisif : descendre sur la surface lunaire, puis remonter. On ignore encore quelles charges utiles, c'est-à-dire instruments et expériences, accompagneront l'atterrisseur. L'agence spatiale habitée chinoise a lancé le 22 octobre un appel à propositions auprès des institutions du pays.
En 2029, deux lancements séparés de fusées Long March 10 sont prévus, l'un pour Mengzhou, l'autre pour Lanyue, tous deux en direction de la Lune. Une fois en orbite lunaire, les deux engins devront s'amarrer, se séparer, puis enchaîner toute la séquence : atterrissage de Lanyue, remontée et nouvel amarrage à Mengzhou. Il s'agit donc d'une répétition générale de la mission lunaire, sans équipage.
History is in the making. Long March 12A is now targeting December 23 at ~02:00 UTC for its maiden flight and land recovery. https://t.co/JSaGh453L0 pic.twitter.com/GYG1viv9aJ
— CNSPACE (@CNSpaceflight) December 22, 2025
Cette méthode tranche avec celle de la Nasa, qui avait privilégié un premier tour de la Lune habité, que ce soit avec Apollo 8 en 1968 ou, plus récemment, lors d'Artémis II, en avril 2026. Ici, toutes les répétitions se feront sans équipage, et le premier voyage lunaire d'astronautes chinois se traduira par un séjour à la surface.
Une première mission habitée avant 2030
Selon les prévisions détaillées lors de la conférence, cette mission habitée doit avoir lieu avant 2030, sans plus de précisions. Une première Long March 10 enverra Lanyue, puis une deuxième suivra avec Mengzhou et trois astronautes à bord. Comme pour les missions Apollo, l'un d'eux restera dans Mengzhou, tandis que les deux autres seront transférés dans l'atterrisseur pour entreprendre leur voyage à la surface. Ils y resteront trois jours, pendant lesquels ils réaliseront quelques sorties autour de leur site d'atterrissage.
Pour la suite du programme lunaire habité chinois, peu d'informations ont été communiquées. Pour l'instant, les responsables chinois parlent d'exploration et évoquent peu l'exploitation des ressources lunaires, comme les métaux rares, l'hélium-3 ou la glace d'eau. La Chine prévoit d'avancer en trois temps : savoir faire ces voyages de façon fiable, gagner en mobilité sur place, puis organiser une présence durable.
Aucune date n'a encore été avancée pour ces étapes. Le calendrier prévu d'ici la fin de la décennie est déjà très serré et pourrait faire coïncider les premiers pas chinois sur la Lune avec le retour des Américains, que la Nasa vise pour 2028 avec Artémis IV.








