Sophie Adenot : l'astronaute explique pourquoi "être une femme, ça aide" dans l'espace


De retour sur Terre, l'astronaute française Sophie Adenot a livré un témoignage rare et intime sur la façon dont le corps féminin réagit à la microgravité. Lors d'une conférence de presse organisée par l'Agence spatiale européenne (ESA) le lundi 2 novembre 2026, au siège parisien de l'agence, elle a décrit un organisme qui s'est bien adapté à la vie en orbite, tout en évoquant des défis physiques.

L'astronaute de l'ESA a amerri le 8 octobre 2026 au large de la Californie, avec le reste de l'équipage Crew-12, au terme de sa mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Elle a passé au total 237 jours dans l'espace, un record européen pour un vol unique. Elle a ensuite effectué trois semaines de réadaptation au Centre des astronautes européens de Cologne, en Allemagne.

Un corps qui s'adapte à l'apesanteur

Loin de l'image d'un organisme uniquement malmené par l'apesanteur, Sophie Adenot décrit un corps qui s'est bien accommodé de la vie en orbite. Selon elle, les variations hormonales et biologiques régulières préparent en quelque sorte les femmes aux changements profonds d'environnement. Le cycle menstruel ou les grossesses habitueraient peut-être le corps à réagir à des stress extérieurs, avance-t-elle avec prudence.

Elle affirme n'avoir ressenti ni jambes lourdes ni ballonnements. Cette capacité d'adaptation rendrait l'arrivée en microgravité beaucoup plus douce : « Le corps féminin, il a l'habitude de s'adapter et de réagir à des stress extérieurs. »

Elle compare par ailleurs ce voyage en orbite à son expérience de la maternité, deux moments qu'elle qualifie d'intimement « transformateurs ». Devenir mère lui a permis d'aborder sa mission avec un grand apaisement et une authenticité renforcée. Cette sérénité l'accompagne aujourd'hui, alors que sa mission court officiellement jusqu'en avril 2027.

Sophie Adenot : l'astronaute explique pourquoi

Un défi physique face à des scaphandres inadaptés

Tout n'est pas simple pour autant. Les sorties extravéhiculaires sont physiquement très éprouvantes, et Sophie Adenot le sait bien : elle s'est aventurée trois fois hors de l'ISS en 14 jours, pour un total de 19 heures et 42 minutes passées dans le vide. Elle a confié récemment que tenir un stylo était douloureux après cet effort.

Pour tenir le choc, l'entraînement physique est indispensable, d'autant que le scaphandre actuel est, de son propre aveu, mal adapté à la morphologie féminine. « Pour l'instant, on a un scaphandre qui n'est pas vraiment adapté à la morphologie féminine, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas impossible d'y arriver non plus. » Pour compenser cette ergonomie rigide, elle a beaucoup travaillé le sport : « C'est aussi pour ça que j'ai fait autant de sport, pour avoir des gros biceps ! »

Au-delà de la performance physique, Sophie Adenot revendique une approche globale de son identité : « Ce qui compte, c'est d'être authentique. Je suis une femme, je suis une maman, je suis une astronaute, je suis une pilote, je suis une machine quand je suis sur la machine de muscu… C'est important de pouvoir honorer toutes ces facettes et de les accepter. »

Une question sensible pour les missions lunaires

Alors que les futurs scaphandres sont déjà en développement pour les missions lunaires du programme Artemis, le témoignage de l'astronaute française rappelle que ces combinaisons devront aussi convenir aux femmes. La question reste sensible pour la Nasa, qui n'a retenu aucune femme dans l'équipage d'Artemis III, mission prévue en 2027. L'agence américaine promet tout de même d'envoyer la première femme sur la Lune dans le cadre du programme.