Xavier Niel : "ignares incompétents", il attaque les députés socialistes à l'origine de la taxe de 5,5 centimes par gigaoctet


Xavier Niel a réagi vivement à la taxe sur les données numériques votée à l'Assemblée nationale. Interrogé sur X, le fondateur de Free a qualifié ses auteurs d'« ignares incompétents ».

Tout part d'une question posée le 30 octobre par un internaute, qui demande au fondateur d'Iliad ce qu'il pense de la taxe de 0,055 euro par gigaoctet téléchargé, votée par « une poignée de députés socialistes ». La réponse arrive le lendemain, samedi 31 octobre, en quatre mots : « Ce sont des ignares incompétents. »

Le message a été vu plus de 250 000 fois en quelques heures. Lorsqu'un autre internaute affirme que les députés savent surtout faire les poches des Français, Xavier Niel renchérit : selon lui, ils « ne savent rien faire d'autre que créer de nouveaux impôts ».

Un amendement adopté à l'Assemblée

Le vendredi 30 octobre, l'Assemblée nationale a adopté, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, l'amendement I-1358 du député socialiste Laurent Lhardit. Il crée une « taxe sur les producteurs de données numériques » : chaque entreprise qui envoie des données aux internautes français paierait 5,5 centimes par gigaoctet livré. Les fournisseurs d'accès à Internet, dont Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, seraient chargés de compter les volumes et de les déclarer à l'administration fiscale.

Xavier Niel :

Le texte vise explicitement les grands acteurs du trafic. Google, Meta, Amazon, Netflix et Akamai concentreraient à eux seuls la moitié des données qui circulent en France. Ses auteurs espèrent jusqu'à 10 milliards d'euros de recettes par an, avec un plafond fixé à 15 % du chiffre d'affaires réalisé en France ou à 2 % du chiffre d'affaires mondial.

Le vote s'est joué à 11 voix contre 10, dans un hémicycle quasi désert, contre l'avis du gouvernement et du rapporteur général du budget. La mesure avait pourtant été écartée en commission des finances début octobre.

Qui paiera la facture ?

Sur le papier, ni les internautes ni les opérateurs ne sont taxés. En pratique, la question de la répercussion se pose rapidement. Une heure de Netflix en 4K consomme jusqu'à 7 gigaoctets, soit près de 40 centimes de taxe. Le téléchargement d'un jeu de 200 Go, à l'image de ce qu'on attend de GTA 6, coûterait 11 € à son distributeur.

Les plateformes pourraient absorber cette dépense, rogner sur leurs marges ou la répercuter sur le prix des abonnements. Rien n'est automatique, mais cette crainte est la principale chez les opposants au texte. Xavier Niel n'est pas non plus un observateur neutre : Free devrait, comme ses concurrents, mesurer et déclarer les volumes livrés à ses abonnés, et le groupe Iliad possède aussi l'hébergeur Scaleway, qui envoie lui-même des données aux internautes.

Pour l'instant, la taxe n'existe pas. L'amendement n'est qu'une étape de l'examen du budget 2027. Il peut être modifié ou supprimé au cours de la navette parlementaire avec le Sénat, ou disparaître si le gouvernement fait adopter le budget sans vote.