Dès le dimanche 1er novembre 2026, de nouveaux frais de 2 € s’ajoutent aux droits de douane sur les achats expédiés depuis l’extérieur de l’Union européenne. Un même colis Shein, Temu ou AliExpress peut cumuler plusieurs fois ces montants.
Le 1er mars 2026, la France instaurait une taxe de 2 € par catégorie d’article sur les petits colis importés depuis l’extérieur de l’Union européenne. Le 1er juillet suivant, cette taxe était supprimée et remplacée par des droits de douane européens de 3 € par catégorie, applicables aux colis de 150 € ou moins.
Les nouveaux frais ne remplacent pas ces droits : ils s’ajoutent aux 3 € déjà appliqués. Ils doivent freiner l’afflux de petits colis venus de l’extérieur de l’Union européenne, notamment ceux commandés sur Shein, Temu ou AliExpress.
Des frais calculés par article au sens douanier
Officiellement appelée « frais de traitement de l’Union » (Union handling fee en anglais), cette redevance doit financer le travail des douanes : vérification des déclarations, analyse des risques et contrôles des marchandises. La Commission européenne en a fixé le montant par un acte délégué adopté le 21 septembre.
Son mode de calcul peut surprendre. Les 2 € s’appliquent par article au sens douanier, c’est-à-dire par ligne de la déclaration en douane, et donc potentiellement plusieurs fois par colis. Trois t-shirts identiques ne comptent ainsi qu’une fois s’ils sont déclarés ensemble sous la même classification, tandis qu’une coque de téléphone et un câble USB constituent d’autres catégories. Le classement des marchandises et, selon la déclaration, leur origine déterminent les regroupements possibles.
La redevance est due par les professionnels concernés, mais elle est très souvent répercutée sur les clients. Dans ce cas, la TVA s’applique aussi : avec une TVA de 20 %, les 2 € deviennent 2,40 € TTC par catégorie. En ajoutant les 3 € de droits de douane, également répercutés et soumis à la TVA, le surcoût atteint 6 € TTC par catégorie déclarée.
Selon une capture d’écran publiée dans l’article, pour une commande de 12,95 € comprenant 5 produits différents, Temu applique directement 18 € de frais.
Un colis à trois catégories passe de 20 € à 38 €
Pour illustrer l’effet de ces prélèvements, le média a imaginé un colis expédié de Chine, contenant trois t-shirts identiques, une coque de smartphone et un câble USB. Les prix fictifs retenus sont de 5 € par t-shirt, 2 € pour la coque et 3 € pour le câble, soit 20 € de produits répartis dans trois catégories douanières.
À partir de novembre, avant TVA, les prélèvements atteignent 15 € pour ce colis : 6 € de frais de traitement (3 catégories × 2 €) et 9 € de droits de douane (3 catégories × 3 €). Si le vendeur répercute l’intégralité de ces montants, la TVA ajoute 3 €, soit un surcoût de 18 € TTC. Le panier passe ainsi de 20 € à 38 €.
Pour ces mêmes produits, le prix total TTC était de 20 € avant mars, de 27,20 € avec la taxe française en mars, puis de 30,80 € avec les droits européens en juillet. Il atteindrait 38 € en novembre, avec les droits et les frais de traitement.
Le média estime que le dispositif rend les petits achats beaucoup moins intéressants, y compris pour ceux qui se tournent vers ces sites faute de budget. Financer les contrôles, lutter contre les produits non conformes et améliorer la compétitivité figurent parmi les objectifs avancés. Toutefois, en visant aussi largement, l’Europe risque de pénaliser les petits vendeurs et leurs clients, bien au-delà des géants qu’elle entend encadrer.
Un petit marchand britannique, un artisan américain ou un spécialiste de pièces détachées peuvent également être concernés. Le particulier qui commande une pièce introuvable en Europe risque donc de payer le même forfait que celui qui remplit un panier de fast fashion.








