La saison d'Halloween est propice à la lecture de romans et de bandes dessinées qui font peur, et le manga n'est pas en reste. Notre sélection réunit des œuvres capables de glacer le sang, qu'elles misent sur une approche graphique radicale ou sur une horreur plus psychologique.
Les grands noms de l'horreur en manga
Pour découvrir l'univers de Junji Ito, Les Chefs-d'œuvre de Junji Ito constituent une bonne porte d'entrée. Réunies en deux tomes, ces histoires courtes, choisies et commentées par l'auteur lui-même, présentent malédictions, phénomènes inexplicables et transformations monstrueuses, avant de s'attaquer à Spirale et Tomie, les œuvres les plus connues de l'auteur.
Dans L'École emportée, une école primaire et tous ses occupants disparaissent un matin pour se retrouver dans un monde désertique et hostile. Junji Ito cite Kazuo Umezz, mort en 2024, parmi ses grandes influences, et le manga de ce dernier figure parmi ses plus connus. Ici, la naïveté des enfants devient un levier de terreur, et les monstres côtoient l'innocence.
Les Chefs-d'œuvre de Lovecraft, signés Gou Tanabe, adaptent l'écrivain H. P. Lovecraft. Le dessin est parfois difficile à déchiffrer, et les personnages semblent n'avoir aucune prise sur le récit qui les engloutit, ce qui restitue, selon la source, toute l'essence de l'horreur lovecraftienne. Dans le même esprit, PTSD Radio, de Masaaki Nakayama, rassemble des récits fragmentés qui reposent souvent sur leur dernière page pour surprendre le lecteur. La série ne convainc pas totalement, mais elle laisse une impression qui persiste après la lecture des trois tomes.
Panorama de l'enfer, de Hideshi Hino, suit un peintre qui raconte l'histoire sordide de sa famille à travers une succession de tableaux macabres. Le rédacteur de la sélection ne retient qu'un seul mot pour le décrire : "grotesque", au sens de bizarre, mêlé à un sentiment d'effroi. Le texte précise qu'il s'agit d'une lecture à ne pas mettre entre toutes les mains.
Vampires, parasites et adolescence
Avec Hellsing, de Kōta Hirano, l'organisation secrète Hellsing lutte contre les créatures surnaturelles en Angleterre, grâce à Alucard, un vampire surpuissant. Le manga, qui a marqué une génération au début des années 2000 grâce à son adaptation animée, est présenté comme la définition même de "l'horreur fun". Il est aujourd'hui disponible dans une réédition.
Plus discret, Shigahime, de Hirohisa Sato, ne compte que cinq tomes. Après sa rencontre avec une mystérieuse vampire, un adolescent doit tuer pour survivre et préserver son apparence et son âme humaine. Le récit se distingue par sa radicalité et sa dimension initiatique, sur fond d'adolescence.
Parasite, parle à ma main, de Hitoshi Iwaaki, est paru pour la première fois à la fin des années 1980 au Japon. Lorsqu'une invasion extraterrestre transforme les humains en hôtes d'organismes monstrueux, un lycéen échappe à la possession de son cerveau, mais doit cohabiter avec le parasite installé dans sa main droite.
The Summer Hikaru Died, de Mokumokuren, suit Yoshiki, qui comprend que son meilleur ami Hikaru a été remplacé par une créature qui lui ressemble en tout point. Plutôt que de miser sur les effets choc, le manga distille une peur sourde, faite de silences et de regards.
Enfin, Battle Royale, adaptation en manga du roman de Kōshun Takami signée Masayuki Taguchi, raconte comment une classe de collégiens, dans une société totalitaire, est envoyée sur une île où ses membres doivent s'entretuer jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul survivant.








