Mardi 15 novembre, l’industriel du tabac Philip Morris International (PMI) a présenté son cap vers un avenir sans fumée, à l’occasion de la 5ème rencontre Technovation, le rendez-vous annuel organisé à Neuchâtel au cours duquel il partage sa vision de la cigarette du futur. Objectif pour PMI : présenter ses avancées concernant ses produits sans fumée, et combattre le scepticisme d’une partie du public et de certaines Etats vis-à-vis de ces derniers.
Philip Morris International a organisé mardi 15 novembre dernier sur son site suisse de Neuchâtel la 5ème rencontre Technovation. L’occasion pour le cigarettier américain, désormais spécialisé dans les alternatives au tabac, de présenter sa vision de la cigarette du futur : un produit sans fumée, potentiellement moins dangereux que la cigarette traditionnelle.
Le groupe a par ailleurs communiqué ses dernières avancées scientifiques et technologiques en lien avec Iqos. Il s’agit de ses dispositifs de tabac chauffé phares, 90 à 95% moins nocifs pour la santé selon PMI. « Le but est que la technologie soit comprise pour accélérer le changement de paradigme », précise Tommaso Di Giovanni, le vice-président en charge de la communication du groupe. Les alternatives au tabac Iqos représentent aujourd’hui 9,5% de part de marché en Suisse.
A travers Technovation, la multinationale veut convaincre l’opinion publique des avantages de ses produits alternatifs. Et ce n’est pas gagné. PMI fait effectivement face à de nombreuses oppositions vis-à-vis de ses dispositifs. D’après Tommaso Di Giovanni cette méfiance s’explique surtout par un manque d’information. « Les gens ne comprennent pas le rôle de la nicotine et de la combustion dans la génération des maladies liées au tabagisme », estime-t-il.
Philip Morris International doit également convaincre la sphère politique, où de nombreux doutes subsistent encore. Si une vingtaine d’Etats ont d’ores et déjà instauré des lois très « innovantes » en faveur de la cigarette électronique, le Mexique, la Thaïlande ou bien l’Inde interdisent toujours ce type de dispositif. PMI juge cette démarche peu « constructive », et rappelle aussi qu’elle alimente un marché noir synonyme de lourdes pertes fiscales pour les pays.
L’industriel du tabac n’a pas organisé la rencontre à Neuchâtel par hasard. Le campus, basé dans le quartier de Serrières, est en effet un hub d’innovation principalement dédié aux produits sans fumée. Il emploie 1 500 personnes et regroupe un site de production et un centre de recherche et développement (R&D).
L’usine fabrique plus de 12 milliards de consommables chaque année, comprenant aussi bien des produits sans fumée que des cigarettes conventionnelles. 35% de la production est destinée au marché suisse. Le reste est exporté à travers le monde.
Depuis 2008, date à laquelle PMI a orienté son activité vers les alternatives au tabac, plus de 9 milliards de dollars ont été investis dans le développement scientifique, technologique et industriel des produits sans fumée. Le propriétaire de Marlboro a notamment investi 483 millions de dollars en Suisse l’année dernière.







