Après les serveurs d'IA, les robots pourraient-ils à leur tour peser lourd sur la mémoire vive ? Elon Musk l'affirme, et plusieurs rapports leur prédisent un appétit démesuré. Les volumes envisagés invitent pourtant à relativiser.
Alors que la demande des datacenters met la mémoire vive sous pression depuis 1 an, le patron de Tesla prédit que les besoins des robots finiront par dépasser ceux de tout le reste sur Terre. Il a formulé cette prédiction sur X le 26 octobre 2026, en réponse à Zephyr, un compte suivi par plus de 170 000 personnes et spécialisé dans l'analyse de l'intelligence artificielle, des semi-conducteurs et des infrastructures technologiques. Au cœur de cet échange figurent des projections de Counterpoint.
Silly analysis.
Robot RAM needs will exceed everything else on Earth, as you need the robots to be on physical substates in order to shape atoms.
Super intelligence needs will vastly exceed that, but ~100% of SI will be deep space compute. Obviously.
— Elon Musk (@elonmusk) October 26, 2026
Des robots gros consommateurs de RAM ?
Selon ce rapport, la demande de DRAM des robots humanoïdes passerait de 8 300 térabits (environ 1,04 million de gigaoctets) à 172 000 térabits (21,5 millions de gigaoctets) entre 2026 et 2030, soit environ 21 fois plus. La quantité moyenne de mémoire embarquée par robot augmenterait, elle, de 19 à 39 gigaoctets.
Interesting
So they are assuming annual production of 550k humanoids and total DRAM demand of 21.5 PB
Even if annual production was 20X (11M), total DRAM demand will be 430 PB or 0.43 EB
DRAM production in 2026 will be around 48EB
So, 21.5PB is around 0.04% of 2026 DRAM… https://t.co/xTEhIaLenX— Zephyr (@zephyr_z9) October 26, 2026
Ces perspectives paraissent lointaines, alors que les robots humanoïdes sont encore loin de trouver leur place dans les foyers. La robotique domestique est pourtant déjà présente avec les aspirateurs robots, dont les besoins restent modestes : leurs modèles n'excèdent pas en moyenne 1 Go de RAM. Les futurs humanoïdes, comme le NEO de 1X ou le G1 d'Unitree, nécessiteraient quant à eux plusieurs dizaines de gigaoctets de mémoire vive.
Les projections attribuées à Counterpoint reposent sur environ 550 000 robots produits par an en 2030, avec 39 Go de mémoire chacun, soit 21,5 millions de Go de DRAM au total. Ces chiffres ne représenteraient qu'environ 0,04 % de la production mondiale de 2026, sur la base des 48 milliards de Go avancés par Zephyr. Ce dernier chiffre repose lui aussi sur les prédictions de production de mémoire vive pour 2026.
Le rôle décisif de "sur Terre"
Elon Musk nuance pourtant son propos en affirmant : "Les besoins en RAM des robots dépasseront tout le reste sur Terre, car il faut que les robots soient sur des substrats physiques pour façonner les atomes." Dans la suite de son message, il estime que la "superintelligence" consommera encore davantage de mémoire que les robots, mais que ses ordinateurs seront presque tous installés dans l'espace. Ce projet a déjà débuté avec AI1, le premier satellite de l'entreprise conçu pour l'IA. Dans ce scénario, les robots deviendraient les premiers consommateurs de RAM sur la planète.
Cette prise de position s'inscrit dans la stratégie industrielle de Tesla, dont l'ampleur reste à concrétiser. Avec Optimus, l'entreprise développe un robot humanoïde destiné à accomplir des tâches répétitives, pénibles ou dangereuses, ainsi que des corvées domestiques. Le projet se heurte toutefois à des composants défectueux, à un assemblage encore largement manuel et à une IA aux réactions imprévisibles.
Micron, l'un des trois grands fournisseurs de RAM, envisage lui aussi des humanoïdes dont les besoins pourraient dépasser 200 Go de mémoire. L'entreprise compare cette demande à celle des véhicules autonomes les plus avancés. Ce chiffre reste supérieur aux 39 Go moyens attribués à Counterpoint, même si les deux projections ne décrivent pas nécessairement les mêmes robots. Reste à savoir combien de ces machines sortiront réellement des usines, et à quelle vitesse.








