Charles de Gaulle : le porte-avions a accueilli pour la première fois un laser anti-drone


Un laser anti-drone a été installé sur le pont d'envol du porte-avions Charles de Gaulle, du 4 au 8 juin 2026, lors d'une escale de la mission La Fayette 26. Selon le magazine Cols Bleus, il s'agit d'une première sur l'un des navires de la Marine, alors que la frégate Forbin avait déjà détruit des drones au laser en 2023.

Face à la multiplication des drones, l'approche cinétique consiste à envoyer un projectile. Elle recourt à des missiles ultramodernes et coûteux, mais aussi à des balles de mitrailleuse ou à des roquettes plus abordables. Le Mistral, navire de la Marine nationale, a récemment testé une arme inédite.

L'autre option repose sur les armes à énergie dirigée, comme les lasers. C'est justement ce type d'arme qui a été essayé sur le porte-avions Charles de Gaulle, au début du mois de juin. Ces informations proviennent de l'édition d'octobre de Cols Bleus, le magazine officiel de la Royale, citée par Zone Militaire le 24 octobre.

Un essai laser sur le porte-avions français

Sur le pont, l'arme se présentait sous la forme d'une tourelle regroupant notamment des caméras, un LiDAR (télédétection par laser, qui permet de mesurer les distances grâce à des impulsions de lumière) et le canon laser proprement dit. Le dispositif comprend aussi un groupe froid, destiné à évacuer la chaleur produite par le laser, ainsi qu'un pupitre de commande. Selon Cols Bleus, l'ensemble a demandé quatre heures d'installation avant d'être déployé sur le porte-avions.

Le magazine ne précise ni le fabricant du laser ni ses caractéristiques. Zone Militaire pense toutefois reconnaître le HELMA-P. Le site a relevé une ressemblance entre une photo publiée par Cols Bleus et un équipement présent au catalogue de CILAS, une entreprise orléanaise rachetée en 2022 par Safran et MBDA. Cette dernière se présente comme le « fournisseur historique des forces armées en systèmes laser (guidage de missiles, lutte anti-drone, etc.). »

Charles de Gaulle : le porte-avions a accueilli pour la première fois un laser anti-drone

Selon les caractéristiques qui circulaient notamment en 2021, le HELMA-P, en développement depuis 2017, émet un faisceau de 2 kilowatts. Il vise des drones pesant de 100 grammes à 25 kilogrammes, jusqu'à un kilomètre de distance, avec un tir en moins de dix secondes. Il peut également détecter des cibles dans un rayon de trois kilomètres. Une vidéo de la direction générale de l'armement (DGA) datant de 2021 montre l'équipement en action, et une autre démonstration publiée la même année par la DGA évoque des drones pesant jusqu'à 25 kilogrammes.

Un équipement déjà utilisé et commandé

S'il s'agit bien du HELMA-P, l'armée de l'Air et de l'Espace connaît déjà en partie cet équipement. Elle s'en est servie pendant les Jeux olympiques de Paris 2024 pour protéger le ciel d'Île-de-France. Selon un communiqué de CILAS publié le 20 septembre 2024, la DGA a ensuite commandé d'autres exemplaires pour l'armée de Terre, l'armée de l'Air et la Marine.

Du côté de la Marine nationale, la frégate Forbin avait déjà détruit des drones en Méditerranée avec un HELMA-P, du 12 au 14 juin 2023, lors d'essais menés par la DGA, la Marine et CILAS. La France prépare par ailleurs une arme laser de nouvelle génération, d'abord contre les drones, puis contre les missiles.

Le laser se distingue surtout par son coût d'utilisation. Hors acquisition du système, de son installation et de sa maintenance, un tir coûte quelques euros, alors qu'un missile antiaérien Aster vaut environ un million d'euros. Un navire n'emporte par ailleurs qu'un nombre limité de missiles, tandis que le laser peut tirer tant que le bord l'alimente en électricité et que le groupe froid évacue la chaleur.

La Marine teste aussi d'autres solutions. Un nouveau lanceur, le Rampart, a été repéré en septembre sur le porte-hélicoptères Mistral. Il doit lui aussi abattre des drones bon marché sans gaspiller de missiles. De leur côté, les Américains vont installer un laser anti-drones à Cap Canaveral, la base de Floride d'où partent les fusées de SpaceX.