Des physiciens chinois ont refroidi des atomes de rubidium à 9,7 picokelvins à bord de la station spatiale Tiangong, selon une étude parue le 5 novembre 2026. Ce résultat est quatre fois meilleur que le précédent record, établi en Allemagne en 2021.
Le zéro absolu, situé à −273,15 °C, est la température à laquelle les atomes seraient parfaitement immobiles. Cette valeur ne peut jamais être atteinte, mais l'équipe chinoise s'en est approchée comme personne avant elle. Le nuage d'atomes de rubidium a été refroidi à 9,7 picokelvins, soit 9,7 billionièmes de degré au-dessus du zéro absolu, correspondant à 0 Kelvin.
Ces travaux, menés par l'université de Pékin et l'Institut d'optique et de mécanique fine de Shanghai, sont parus le 5 novembre 2026 dans la revue Science. L'étude elle-même n'est pas accessible gratuitement. Le précédent record, de 38 picokelvins, était détenu depuis 2021 par une équipe allemande, rappelle l'agence officielle chinoise Xinhua.
Pourquoi aller dans l'espace ?
Que signifie une température aussi basse ? Elle mesure l'agitation des atomes. À ce niveau, ils se déplacent à moins de 200 micromètres par seconde, soit un cinquième de millimètre. Au sol, la gravité plaque les atomes contre le champ qui les retient, ce qui les réchauffe. En apesanteur, un piège laser beaucoup plus faible suffit, et les atomes restent observables pendant 7 secondes.
Cette durée est bien supérieure aux 2 secondes observées lors d'une expérience dans une tour d'apesanteur sur Terre, et au 1 seconde observée à bord de l'ISS. Holger Mueller, physicien à l'université de Californie à Berkeley, estime dans Science que « ces 7 secondes constituent un critère de performance encore plus important que les 10 picokelvins » (en arrondissant le résultat présenté par les scientifiques). Il ajoute : « Un jour, quelqu'un parviendra peut-être à obtenir sur Terre une température aussi basse que 10 picokelvins, mais il ne pourra pas la maintenir en chute libre pendant 7 secondes. »
Le chiffre est accompagné d'une marge d'erreur, qui va de 7 à 12,9 picokelvins, d'après Phys.org. L'Académie chinoise des sciences invite déjà les chercheurs du monde entier à utiliser l'instrument.








